3. Les quatre dimensions d'une photographie de reportage

 

a) Les effets de réel

La photographie a par nature un pouvoir référentiel très important, une ressemblance au réel élevée. Avec elle, contrairement au dessin ou à la peinture, nous savons qu'un événement a préexisté à l'image. Des choix engagent le lecteur vers l'événement et lui font ressentir la scène représentée comme proche de lui. Cet art est de travailler avec les possibilités techniques de l'appareil photo pour les inscrire dans une culture et des points de vue. Deux procédés sont mis en œuvre : - La perspective frontale : ligne d'horizon, lignes et point de fuite permettent au lecteur de croire qu'il est à la place du photographe, qu'il assiste à l'événement. La frontalité d'un regard garantit une attention particulière du lecteur : impression que le sujet le regarde, l'interpelle, le prend à témoin. - L'instantané : est la mise en temps, en suspens de la réalité. La prise de vue suggère qu'il y aura une suite de l'action, le photographe choisit un moment significatif avec pour raison d'évoquer le déroulement de celui-ci.


b) Les reconnaissances culturelles

Toute photographie de reportage est une citation du réel mais aussi d'une culture d'images (cf. la " Madone " de Bentahla).


c) La symbolique

Une photographie est symbolique quand elle quitte le terrain de l'actualité pour devenir exemplaire, quand elle est une image qui renvoie plutôt à une idée qu'à une actualité immédiate. Une bonne photographie de reportage propose souvent deux approches : le spectaculaire au service de l'événement, la symbolique au profit d'un résumé efficace de l'actualité.


d) La rhétorique

La photographie de reportage utilise souvent des figures de rhétorique comme la comparaison et l'antithèse (par exemple la jeune fille à la fleur de Riboud), l'hyperbole, la métaphore, l'allégorie qui permettent à la photo de presse d'allier l'éphémère et la durée.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site