Mai 68 de Gilles Caron

 

 

 

Veston ouvert sur sa chemise à carreaux, Daniel Cohn-Bendit marche d'un pas décidé en chantant l'internationale. Un sourire au coin des lèvres, il rejoint un groupe de gardes mobiles qui fait le pied de grue devant la Sorbonne. Ce 6 mais 1968, "Dany le rouge" est convoqué devant le conseil de discipline de la vénérable université,avec six autres étudiants. Prévoyant des débordements, la préfecture de police a bouclé le quartier avec 1500 hommes. Le jeune rouquin se retrouve nez à nez avec un agent casqué. Jouant des coudes, Gilles Caron tourne autour des deux protagonistes, qui ne se lâchent pas des yeux. Fossettes impertinentes, l'étudiant plante progressivement son regard narquois dans celui du garde mobile. CLAC ! gilles Caron a la photo, celle qui symbolyse à jamais l'insolence et la fraîcheur d'un mouvement qui a bien failli emporter la V°république.

 

 

 

 

Les Réécritures

 

 

 La photo de gilles caron a été réutilisée pour les événements de mai 68. L'interdiction faite à Daniel Cohn-Bendit (leader)

de revenir en France a suscité des manifestations de solidarité dans la capitale.

 

Le ministère de l'intérieur a fait savoir mercredi 22 mars que Daniel Cohn-Bendit était "indésirable en France" et qu'il se ferait refouler
aux postes-frontière. Les syndicats étudiants, le SNES et l'UNEF, ont immédiatement appelé à manifester contre cette interdiction
d'entrée sur le territoire. La CGT a fait savoir qu'elle désapprouvait la manifestation – révélant une fois de plus la tension entre le
syndicat ouvrier et l'UNEF. Le cortège parti de Saint-Michel à 19 heures 30 s'est dirigé vers le Palais-Bourbon. Cinq mille manifestants
scandaient "Cohn-Bendit à Paris!", "Nous sommes tous des étrangers", "Nous sommes tous des juifs allemands" ou encore "De Gaulle
interdit de séjour". Arrivés devant l'Assemblée nationale, les étudiants se sont vus refuser le droit de tenir un meeting devant
l'établissement. Alain Geismar (SNES) a alors demandé à ses troupes de revenir au quartier Latin : "Nous ne sommes pas en mesure
d'affronter la police de l'Etat bourgeois… Notre terrain n'est pas celui de l'Assemblée, mais celui de la rue, des facultés et des usines.
C'est sur ce terrain que nous manifesterons demain". Les manifestants sont donc repartis en direction du quartier Latin. 
Le mouvement a dégénéré rue de Solferino, devant l'immeuble où de Gaulle a souvent travaillé. Les troubles se sont répandus rue d'Ulm,
boulevard Saint-Michel et devant le Sénat de minuit à 4 heures du matin. Des poubelles ont été brûlées, des voitures incendiées ou
jetées en travers de la chaussée et la voirie dépavée. Les forces de l'ordre ont procédé à soixante-cinq interpellations. On compte dix
blessés parmi les forces de l'ordre.

 De plus, l’affiche « Nous sommes tous des juifs et des allemands » jugée trop violente, a été censurée par l’Assemblée générale

et remplacée par l’intitulé « Nous sommes tous indésirables ». Ceci a été la cause de manifestations pour protester contre la censure.

 

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